30 juillet 2009
Alix
Un perso du roman de m'dame Althéa :p. Bon, ça ressemble plus trop à la demoiselle, mais je ne savais pas du tout à quoi pouvaient bien ressembler des fringues du 16ème siècle, donc on la met dans un étang et puis c'est tout!
20 juillet 2009
Dracotaure
Un truc délirant qui s'est transformé en dracotaure solaire, quelque chose dans ce goût là.
17 juillet 2009
Dragon Age: On y croit!
Ah ben oui, on y croit! D'abord! Mais tout n'était pas acquis: je suis passée par des phases de scepticisme. Et maintenant, jusqu'à ce qu'une révélation affreuse me tue (comme "Zevran n'est pas romançable", à tout hasard), ben je suis une pré-fangirl! Non! Une fangirl tout court. Bref.
Dragon Age: Origins, c'est le bébé en gestation de BioWare. Vous savez, le studio sur lequel je martèle à longueur de journée qu'il rox? En fait, c'est un des bébés, puisqu'ils ont aussi Mass Effect 2 (need!) et Star Wars: The Old Republic (need?) en court. L'éditeur... Beh, c'est Electronic Arts.
BW a signalé le désir de retourner à ses racines, de faire un jeu de la trempe du mythique Baldur's Gate. Oui, BG, le jeu qui vous bouffe toute votre journée sans en avoir l'air, le rpg en 2d jamais égalé (sauf par Planescape: Torment, parce que Torment est encore mieux, ce qui n'est pas peu dire!), le bidule-à-cartes-immenses-et-à-personnages-roxxatifs. Dragon Age ne prend pas place dans les Royaumes Oubliés, mais dans un univers tout beau tout propre (peut-être pas, voire plus loin :p), tout neuf, celui de Ferelden. Il s'agit toutefois toujours d'héroïc-fantasy, ou plutôt de dark fantasy parce qu'il y a des éclaboussures de sang partout (c'est à ça qu'on reconnaît la dark fantasy, jeunes padawans) et la promesse d'un univers tourmenté et de choix non-manichéens (pas comme Fable, quoi, où c'était "Tuer le méchant ou tuer le gentil?") qui pourront avoir à long terme des répercussions imprévues. Un peu comme, pour ceux qui auraient joué à Mass Effect, le dilemne de la reine Rachni, mais avec de vraies conséquences dans le scénario. Je ne m'attends pas à une histoire avec une profondeur semblable à celle de Planescape: Torment, parce que ça me paraît tout simplement impossible, mais la référence Baldur's Gate place déjà la barre très haut: wait and see. Pour le moment, il faut bien avouer qu'on ne sait pas grand-chose de la trame et que ces messieurs-dames de chez BW se plaisent à jouer au chat et à la souris. Nous sommes un Grey Warden, le membre d'une organisation d'élite chargée de combattre le Blight, une fléau de bestioles pas gentilles déterminées à foutre le bordel partout où elles vont, si vous voulez bien me passer l'expression. 
Dragon Age promet vraiment de mettre l'accent sur les choix du joueur, et ils commencent très tôt puisque la première chose déterminante sera votre origine. Il vous faudra en choisir une parmis les six proposées, chacune déterminant en partie votre classe (guerrier, roublard, mage) ou votre race(humain, elfe, nain):
-Mage:

"S'tu m'regardes, toi? T'veux une boule de feu dans la chetron, ouais?"
Le mage n'est semble-t-il pas d'une race particulière, mais c'est une origine en elle-même puisque les talents magiques requièrent un entraînement très particulier dispensé de gré ou de force à ceux qui en possèdent le don. Les mages sont craints et surveillés par l'ordre des Templiers, parce qu'il faudrait pas qu'ils débordent, ces abrutis, nundidju! (Voilà, je recommence à faire des phrases pas sérieuses...)
-Elfe citadin:

J'adore sa tête de psychopathe. Comme quoi, on peut avoir une couronne de fleur ET pas être une rigolote.
Dans Dragon Age, les elfes ont beau avoir les oreilles pointues et le maintient graisseux (heu, gracieux), ils ne sont pas ceux auxquels on est habitués, les grand seigneurs arrogants qui regardent les humains (et les nains encore plus) de haut, puisque ce sont des parias, une race méprisée souvent réduite en esclavage vivant dans les villes en tant que misérables parmis les misérables confinés dans des ghettos.
-Elfe Dalish:

Tatouages!
Les Dalish sont des elfes aussi, mais des nomades. Lorsque les terres des elfes furent conquises par les humains, ils prirent la route. Ils ne sont les bienvenus nulle part et sont un brin aigris (compréhensible, hein?). Les Dalish tentent de reconstituer leur identité, de préserver la grandeur passée des elfes, et attendent que leurs dieux et leurs terres leur reviennent. Ils ont aussi des jolis tatoos, sinon.
-Noble nain:

Cette barbe a l'air soyeuse *3*!
Quiconque penserait que la vie d'un nain se résume à creuser des trous dans la pierre en buvant de la bière et en chantant le célèbre tube "Gold, gold, gold" à tue-tête serait dans le faux, du moins dans Dragon Age. Les nains nés nobles préfèrent visiblement les complots, les assassinats et les manipulations politiques afin d'évincer leurs rivaux tout en préservant une apparence honorable. La "valeur" d'un nain est très importante, et ils cherchent constamment à la prouver pour conforter leurs positions, quel qu'en soit le prix.
-Roturier nain:

Classée deuxième au concours "Miss psychopathe Féreldénaise"... Et prouvant qu'une naine n'a pas forcément de la barbe: elle se rase.
Chez les nains, il n'y pas que les nobles, bien sûr. Les roturiers sont ceux qu'on ne montre pas, ceux qu'on méprise et qu'on organise en castes, des mendiants, des criminels... Ce ne sont pas de fiers guerriers tout d'acier parés ou des forgerons de génie vénérés pour leur sagesse et leur expertise, mais des parias à qui les nobles nains tentent en permanence d'enfoncer la tête dans la boue. Eux aussi ont des jolis tatoos, d'ailleurs.
-Noble humain:
Classe et morgue!
En Férelden, les nobles sont tenus de se battre comme tout le monde contre le fléau qui s'annonce, mais peut-être en y mettant un peu plus de classe et de morgue. Le noble humain est un héritier de la famille Cousland, et c'est en son nom qu'il va aller gambader dans la campagne en projetant des gouttelettes de sang partout. Avec classe.
Voilà pour les origines. Maintenant, les développeurs ont aussi dit qu'ils allaient mettre le paquet sur les équipiers, parce que c'est un élément que beaucoup de joueurs, dont moi, trouvent important. Les coéquipiers, on va donc en avoir 10, avec peut-être quelques temporaires (Lieutenant Jenkins! Ou l'homme qui ne dura même pas 30 secondes sur le champ de bataille...). Jusque là on en a 8 d'annoncés sûr sûr. Bon, j'ai la flemme d'aller vous mettre des screens, si ça vous intéresse vraiment vous irez sur le ouiki :).
Chien de guerre: Heu... Guerrier... Chien? Dog, aussi connu sous le nom de Rabbit sur les forums de Dragon Age. En Férelden, les chiens ont une place très importante dans la vie de tous les jours, et la race la plus ancienne et appréciée est celle des mabari. Ce sont donc des chiens de guerre, et celui-là sera notre toutou, on pourra même lui changer ses peintures (kaddis) de guerre et lui brosser le pelage, l'emmener à des concours canins... Heu, presque.
Alistair: Guerrier humain. Aimant à fangirls. Alistair a été élevé dans l'ordre Chantry pour devenir un Templier, heureusement, il avait un sens de l'humour trop prononcé au goût de ses professeurs. Il est donc finalement entré chez les Grey Wardens. Alistair IS FUCKIN ROMANCEABLE §§§§§§§ zUMG §§§§ BBQ §§§§ Et en plus il aime le fromage!
Morrigan: Mage humaine. Aimant à fanboys. Morrigan est la fille de Flemeth, une sorcière sauvage, et est elle-même dotée de pouvoirs magiques incluant notamment la métamorphose. Elle considère le pouvoir plus important que l'amitié, entre autres, et se montre beaucoup moins gentille que le sieur Alistair. Elle est romançable aussi.
Sten: Guerrier qunari. Sten appartient à une race venue de loin pour aller "apprendre la civilisation à grands coups de gnons aux races inférieures". Il est donc baigné dans une culture différente de la notre, et dotée d'un code d'honneur très rigide... Bien qu'il aie massacré une famille pour une raison encore inconnue. Il aime aussi les cookies, paraît-il...
Wynne: Mage humaine. Wynne est membre du Cercle des mages, et oriente ses talents plutôt sur la guérison. Elle a refusé la place de Premier Mage au sein du Cercle. C'est une personnalité calme et altruiste, je la vois dans le genre "vieille sage"... Mais les rpg m'ont appris à me méfier des vieilles sages, particulièrement quand elles ont l'air innofensives.
Oghren: Guerrier nain. On ne sait pas grand-chose... Du tout... sur lui...
Leliana: Roublarde archer humaine. Leliana est une orlaisienne. Elle a l'air d'être le genre fleur bleue tout le monde est gentil, et est soupçonnée d'être romançable. (Vous! Là! Vous êtes soupçonnée d'être romançable! Veuillez nous suivre au poste!)
Zevran: Roublard elfe. On sait peu de Zevy, mais on a beaucoup spéculé, notamment sur le fait qu'il soit bisexuel ou gay! (Citation de lui, la seule qu'on aie: "Now now, I don't care much for foreign objects invading my personal space. Well... usually." [Winks]) Zevran est soupçonné d'être romançable, et peut-être Dalish.
Je pourrais continuer mon article encore longtemps! Il y en aura peut-être d'autres à venir, en outre. En attendant, quelques liens!
http://dragonage.bioware.com/ <Site officiel http://daforums.bioware.com/ <Forums officiels http://www.jeuxvideo.fr/jeux/dragon-age-origins/article.html <Test du jeu http://www.dragonagefrance.com <Site avec pas mal de traductions du site officiel http://www.dragonagefrance.com <Wiki
Votre dévouée Zyl, qui passe quand même des journées à éplucher ces divers sites!
14 juillet 2009
Torment: Le Sans-Nom
Le Sans-Nom de Planescape: Torment, parce que 1/ c'est le meilleur personnage principal du monde 2/Torment est le meilleur jeu du monde. :)
Bonus Grâce! (La chaste prêtresse succube du groupe.)
Tzabaztha chapitre7: Douloureuse aube
Chapitre 7: Douloureuse aube
Grand-carcère
est la prison de Zeppelin. Par le passé, les criminels de Baspin
étaient transférés à Tours-de-fer, une ancienne raffinerie où ils
étaient bien souvent condamnés aux travaux forcés. De nos jours,
Tours-de-fer a été rasée et à la place s'élève une "école" pour enfants
difficiles, dont on ne dit pas que du bien. La fonction globale reste
donc la même, seuls les bâtiments et l'âge des locataires changent. A
présent que Baspin et Zeppelin sont en cours de fusion, les bagnards
sont directement envoyés à Grand-carcère, qui, d'après une enquête
parue dans L'aiguille du Pin, possède les conditions de détention les
plus déplorables de toutes les villes Nord-Dériviennes. Cet article
interrogeait notamment un ancien détenu emprisonné pour vol, qui
faisait état de traitements dégradants, de cellules sales et
surpeuplées, de manque d'alimentation et de gardes ou débordés ou fort
peu professionnels. Ma place au sein du conseil municipal m'ayant
permis d'accéder aux registres, j'ai moi-même fait un bien triste
constat à propos de Grand-carcère: un quart des prisonniers qui y
entrent pour une durée déterminée en sortent les pieds devant, et je ne
parle même pas des condamnés à perpétuité. Ces hommes ont commis des
crimes, certes, mais pour moi comme pour d'autre, la prison devrait
être une mesure autant rééducative que punitive. Une fois leur peine
purgée, que penseront-ils d'une société qui, à grands coups de taloche,
leur a expliqué qu'ils n'avaient plus du tout leur place en son sein?
Croyez-vous vraiment que c'est ainsi qu'on décourage la récidive?
Pensez-y, et même si leurs crimes vous inspirent une haine qui peut se
montrer légitime, réfléchissez. Il n'existe point de monde bipolaire,
seulement des êtres humains avec leurs vices, leurs faiblesses et leurs
folies -mais leurs qualités aussi.
Tract anonyme distribuée dans les rues (imputé, mais sans certitude, à
Tzabaztha-Eugénie de Baspin). La réponse de monsieur Ferrand, actuel
directeur des prisons de Grand-carcère, s'est faite le jour suivant, en
première page de l'Aiguille du Pin, et expliquait avec un certain
agacement que c'était bien gentil à vous de critiquer, mais qu'il
aurait bien voulu vous y voir, vous, à diriger quelque chose qui
menaçait en permanence d'exploser tout en faisant avec le budget
ridiculement petit alloué au secteur.
Le moins qu'on puisse dire, c'était que le réveil d'Hugues fut un des
plus désagréable qu'il eut jamais connus (y compris la fois où sa
grande-tante lui avait balancé son bol de porridge sur le visage parce
qu'il était "encore en train de feignasser, fils d'imbéciles, je ne
sais pas ce qui me retient de coller une mandale à tes abrutis de
parents").
D'abord à cause des fers. C'était un signe qui ne trompait pas. Quand
on se réveillait menotté jusqu'au sang, les mains dans le dos, il était
peu probable que le reste de la journée se montre agréable. Hugues
était en chien de fusil sur un dallage de pierre froide qu'il ne
connaissait pas. Son dos était douloureux, sa tête aussi. En fait,
songea-t-il avec amertume, faire l'inventaire des endroits qui ne
l'élançaient *pas* aurait été nettement plus rapide. Sa colonne
vertébrale était tellement tordue par son improbable position qu'il ne
parvint qu'à s'arracher un gémissement de douleur en essayant de lever
la tête pour inspecter son environnement. Hugues déplia les jambes,
lentement. Chacune de ses articulations lui faisait mal, et il lui
semblait que son genoux gauche ne répondait plus,
Hugues était à présent allongé dans une cellule tout sauf accueillante,
les bras dans le dos, avec une migraine qui menaçait de lui faire
exploser le crâne. A part ça, tout allait bien de son côté.
"-Morte?"
Le regard myosotis de Mercure, plongé dans celui, identique, de sa
sœur, était flou et larmoyant. Les cheveux ébouriffés, les yeux cernés,
la lèvre tremblante, le jeune homme avait pour l'heure perdu de sa
sauvage et énergique magnificence. Il vit sa sœur hésiter, mordiller
frénétiquement sa lèvre inférieure sans paraître s'en rendre compte.
Elle avait un air pitoyable. Les bouclettes de sa chevelure étaient
toujours dans un désordre innommable, mais elles pendouillaient
maintenant tristement des deux côtés de son visage bouffi par le
chagrin. Elle pouffa en retenant un sanglot. Mais un pâle sourire
naquit sur ses lèvres minces, gercées par ses mordillements incessants.
"-Officiellement..."
Mercure retint un hoquet de surprise. Sa sœur venait de se précipiter
avec maladresse, de se serrer contre lui avec toute la force de ses
bras rachitiques, la tête posée sur sa poitrine, l'inondant de larmes.
C'était tellement... Tellement peu Tzabazthien.
"-Officiellement... Morte."
Mercure n'avait vue Tzabaztha dans cet état qu'une seule fois. Et
ç'avait été à la mort de leur père. Et encore. Le comte s'était éteint
tranquillement, succombant en silence et dans son lit à la maladie qui
avait fait de lui une statue paralysée. Vers la fin, ses enfants en
étaient même venus à lui souhaiter la mort, tant il était visible que
la vie lui était pénible. Andréa... Était différente. Ils la croyaient
plus ou moins éternelle. Elle était de ces gens qui sont, tout
simplement. On ne l'imaginait pas mourir, et on imaginait encore moins
quelqu'un tenter de l'assassiner. Et pourtant...
Tzabaztha recula. Hors de l'étreinte de sa demi-sœur, Mercure parut
s'affaisser. Ils allaient avoir besoin de se soutenir. La jeune femme
essuya bravement ses larmes d'un revers de manche, et se tint droite,
un peu trop même, en face de son frère. Elle lui débita d'un ton
monocorde la situation.
"-Officiellement... Hugues s'est introduit dans ses appartements
pour... L'assassiner. On l'a retrouvé évanoui près d'elle, des
griffures au visage. Et il y avait du sang sous les ongles de Mère, et
des traces rouges sur son coup. Vraisemblablement, le serpent a essayé
de l'étrangler. Elle... Elle suffoquait quand je l'ai trouvée. Elle n'a
pas passé la minute, petit frère... Je suis... Déso..."
Sa voix finit par s'étrangler. Elle n'avait aucun lien biologique avec
Andréa, mais l'avait toujours considéré comme sa maman plutôt que comme
sa belle-mère, la deuxième femme de son père. Ce devait être aussi dur
pour elle que pour lui, songea Mercure en une pensée sensée au milieu
du brouillard de chagrin qui embrumait son esprit. Tzabaztha était une
femme de science, Andréa une élégante jusqu'au bout des ongles,
pourtant il y avait toujours eu un lien entre les deux. Il avait
conscience d'être une partie de ce lien, une partie importante. Et s'il
n'avait pas existé? Tzabaztha pleurerait-elle autant? Le jeune homme
s'avança vers sa sœur, craignant qu'elle ne perde conscience. Il la
prit à son tour dans ses bras. S'il tremblait, ce n'était rien en
comparaison des spasmes qui agitaient le corps de Tzabaztha.
"-Il est... A Grand-carcère... Hugues... Maintenant..."
Pourquoi avait-il été retrouvé inconscient? Cela ne collait pas. Il
avait tué Andréa. La révélation de sa propre abomination pouvait-elle
faire perdre conscience? Il n'avait jamais vu cet homme. Andréa
n'aurait pas choisi un fou, mais avait-elle pu s'être trompée?
Et que faisait-il dans sa chambre à une heure aussi avancée de la nuit?
Mercure se refusait à l'imaginer. Et pourtant, il allait falloir tirer
tout cela au clair. L'intelligence de Tzabaztha lui aurait bien été
utile, mais la pauvre était tellement effondrée... Et ce n'était
sûrement pas la police qui allait l'aider. Bien que membre de la
municipalité, Mercure n'avait aucune confiance en elle. Il avait un
contact en son sein, et ses rapports faisaient souvent état de procédés
plus que douteux.
Tzabaztha, toujours perdue dans les bras immenses de son frère, ne vit
pas l'air furieux qui balaya les larmes du visage de celui-ci. Hugues
Callist. Cet homme allait payer.
Tzabaztha était sur le seuil. Qu'est-ce-qui l'empêchait d'entrer? Les
deux corps étaient parti: l'un reposait en prison, l'autre dans des
draps blancs. Tête haute, elle s'engouffra dans la chambre d'Andréa.
Elle était identique à son image nocturne, à cela près que le soleil
perçait entre les rideaux et que les lampes s'étaient éteintes
d'elles-même depuis longtemps. Les yeux rougis de Tzabaztha se
promenèrent sur la chambre. Semblable... Et différente. Qu'est-ce-qui
l'avait tant effrayée? Sa conscience lui souffla la réponse: la
présence d'Andréa et d'Hugues. Non. Elle repoussa cette idée. Il était
normal de ressentir un *petit* choc en voyant sa mère bavante et
assassinée dans son propre lit, et son fiancé à côté, mais ce n'était
pas de cela qu'il s'agissait. Elle avait perçu quelque chose dans la
pièce. Quelqu'un, Ursuline sûrement, avait entrouvert la fenêtre.
C'était quelque chose de singulier, parce que la tradition Dérivienne
voulait que soit laissée intacte la chambre d'un défunt, au moins
jusqu'à son enterrement. Et elle savait Ursuline un brin
superstitieuse.Tzabaztha effectua un retour arrière. Les fenêtres
étaient déjà ouvertes la nuit du meurtre. En fait, elle les avait vues,
cachées derrière les rideaux mais ouvertes quand même, laissant passer
un courant d'air froid dans la pièce. La jeune femme ne put que
remercier sa formidable mémoire. Nuls doutes qu'elle lui serait très
utile.
Il fallait quelqu'un pour enquêter sérieusement sur cette affaire. Elle
eut un pâle sourire. Elle ne pouvait faire confiance qu'à elle-même.
Pourquoi ces imbéciles de la police n'avaient-ils rien relevé? Elle les
savait corrompus.
Et elle, Tzabaztha, elle savait tout. Ou du moins, une grande partie du
tout. Et c'était de son devoir de faire la lumière sur cette affaire.
Mercure. Pauvre Mercure. De son côté, il allait penser la même chose.
Mais il n'avait pas été là. Il ne savait rien, sauf si... Ah!
Tzabaztha avait de très bonnes raisons de lui mentir. D'excellentes,
même. Mais cela lui brisait le cœur. Les larmes sur lesquelles il
s'était mépris tout à l'heure recommencèrent à dégringoler des yeux
bleus de la jeune femme. Il adorait sa mère. Ce n'était pas feint. Il
n'avait pas de mobile. Mais il avait les moyens, et l'occasion.
Elle ne pouvait avoir confiance en personne. Tzabaztha gratta la gorge
de sa belette, enroulée sur son épaule comme un petit serpent paresseux
et couvert de fourrure. C'était ridicule. Elle connaissait Mercure.
C'était encore un enfant. Elle rit avec amertume d'elle-même. Cinq ans
les séparait, si peu, et elle considérait encore le jeune homme comme
un "enfant".
Et dans quatre, il serai majeur. Quatre ans de "régence" qu'elle allait
devoir assurer, à la place de sa belle-mère disparue et de son
demi-frère trop jeune. Régence de quoi? Il n'y avait plus de comté. Il
y avait une ville, ses citoyens, son conseil. Mais il restait le
château, et toutes ces tâches absurdes qu'on cédait en général à ce qui
restait de la noblesse décorative, pour faire bien (comme
l'inauguration très solennelle de nouvelles toilettes publiques). Elle
n'était même pas certaine de se montrer meilleure que lui à la tâche.
Mais on attendait d'elle qu'elle prenne les choses en main, et,
secrètement, on s'attendait aussi à ce qu'elle échoue: tout le monde
connaissait la distraction de Tzabaztha et son manque d'intérêt pour
les choses immédiates. Oh, ils verraient. Tous ces serviteurs... Il
allait falloir en renvoyer. Ni Mercure ni elle n'avait franchement
besoin d'une dizaine de personnes à leur service seul.
L'attitude de la solide, la concrète Ursuline était suspecte également.
Elle était la première à avoir vu les corps, avant Tzabaztha même... Et
pendant qu'Andréa était toujours... "Vivante". Tzabaztha ne lui en
avait pas parlé. Elle ne s'enfuirait pas. Après tout, Tzabaztha était
la seule à avoir des raisons de la soupçonner.
Hugues. Il fallait qu'elle le voie. Elle doutait d'être admise à
Grand-Carcère, et encore moins pour visiter l'homme qu'on disait
l'assassin de sa mère. Mais elle devait le voir. Il détenait sûrement
des éléments importants, voire très importants. Elle sentait venir la
mort du jeune homme, qu'elle n'osait plus appeler "son fiancé", aussi
sûrement qu'elle sentait venir la pluie quand toutes ses articulations
lui faisaient mal. Les procès dans ce genre ne traînaient pas. Elle
était loin de s'en réjouir. Elle était fortement opposée à la peine de
mort, et même dans ce cas où tout le monde s'attendait à ce qu'elle
manifeste une haine tenace envers le jeune homme. Pourquoi la
voyaient-ils tous aussi effondrée? Elle était triste, en colère, nuls
doutes là-dessus, mais elle savait garder la tête froide. Personne ne
le comprenait. Et c'était tant mieux. Moins on se douterai de ses
soupçons, moins le meurtrier verrai le coup venir. Ils étaient tous
suspects: frère, serviteurs, fiancé, inconnus qui auraient pu
s'introduire nuitamment dans la chambre de sa mère...
Andréa. Pauvre Andréa. Étranglée, morte et bientôt enterrée... Il aurait mieux fallu qu'elle l'ait réellement été.
Car le poison de son meurtrier l'avait condamnée à un sort pire que la mort aux yeux de Tzabaztha: la folie.
13 juillet 2009
Mike Libby
"Rhaaaa putaing! Engrenages! Scarabées! Gneungneuh! Grah! Blouh! Rha! Engrenages! Araignées!" résume à peu près ma pensée en visitant le site de Mr. Mike Libby, un artiste qui, comme on dit dans le monde très huppé des grands critiques "fait des choses qui roxxent du boudin". Chacun ici connaît mon amour presque maladif des engrenages, et ma passion pour le dépiautage de réveils et autres montres à gousset. Enfin, je ne sais pas si vous le saviez tous (oui, vous tous, là, la foule beuglante d'au moins une demi-personne par jour qui se retrouve par hasard ici), mais en tout cas maintenant c'est clair. D'autre part, j'ai toujours été fascinée par les insectes, sauf les mouches et les moustiques parce que ceux-là franchement ils me pompent l'air. Bref. Un engrenage, c'est beau. Un insecte, ça rox. Mélangez les deux, et vous obtiendrez quelque chose capable de réduire même la plus intelligente des bloggeuses (ben quoi?) à un état primitif "gaaaah, steampunk insectoïde, moi vois moi veux". Bref, assez parlé!

Bô! Et le site du monsieur, bavez pauvres mortels! Bref. Gneuhgneuh!
12 juillet 2009
Xaiio
Vous vous souvenez de Xaiio? Peut-être pas, ça fait un an. Mais la sorcière tanarruk (demi-orque avec du sang de fiélon) est toujours là, même qu'elle a un portrait dites donc. Waw.
11 juillet 2009
Princesses & dragons (3)

Ahaha, je sais, petits caractères. Souffrez.
08 juillet 2009
Princesses & dragons (2)
07 juillet 2009
Tzabaztha chapitre 6: Concerto pour une agonisante
Chapitre 1: Fiançailles mon @#%! amour
Chapitre 2: Pour vos beaux yeux
Chapitre 3: Thé, suie et allergies
Chapitre 4: Vingt heure passé
Chapitre 5: Un long dîner de fiançailles
Chapitre 6: Concerto pour une agonisante
--------------
Chapitre 6: Concerto pour une agonisante
L'angoisse
de la mort est tout à fait humaine. Je dirais même qu'un homme ou une
femme ne craignant nul poignard ou poison, ou feu ou révolution, est à
éviter comme la peste. La religion, surtout, dans notre contrée, celle
d'Aur qui promet réincarnation aux "bons" (qui ne sont, comme c'est
pratique, que les Aurites) offre un abri aux esprits trop faibles pour
ériger leurs propres murailles. Ma muraille à moi, c'est la science, et
je m'y perds de toute mon âme parce que mon corps dépérit depuis ma
naissance. J'ai peur de la mort. Ce mystique convaincu, ce
révolutionnaire, eux aussi en ont peur. Même ce fou furieux qui se
projette sur les baïonnettes ennemis en a peur. Tous ne le savent pas,
et beaucoup érigent, comme moi, leurs propres remparts: idéaux,
sentiments... Tout cela repose sur le pouvoir de persuasion que l'on a
sur soi-même: la tromperie de son propre esprit est une chose délicate,
cependant beaucoup la pratiquent de manière inconsciente. S'obliger
sciemment à oublier la mort, ou à s'y précipiter sans but avoué est
beaucoup plus dur. En fait, sauf dans les cas de folie grave, je ne
pense pas que ce soit réellement possible.
Tzabaztha-Eugènie De Baspin, @#%! de foutu essai d'essai sur la nature humaine.
Et ils rêvèrent beaucoup...
Tzabaztha secoua sa chevelure désordonnée. Elle était très fatiguée
physiquement, mais toujours en pleine forme morale, et ne voyait pas
l'intérêt d'aller se coucher puisqu'il n'était, d'après l'horloge de sa
chambre, qu'une heure du matin, et qu'elle était encore loin d'être
satisfaite de ses bottines à réaction. Elle se gratta le crâne. Il y
avait un problème de vapeur. Il y avait toujours un problème de vapeur,
dans la plupart de ses inventions. Tzabaztha tira la jambe hors de son
bain de pied glacé. Elle en serait bonne pour des orteils écarlates et
un brin douloureux pour quelques jours.
Elle avait des pieds assez réglementaires: cinq orteils à chacun, et
même s'ils étaient un peu trop tournés vers l'intérieur et qu'ils la
faisaient marcher d'un pas erratique, ils paraissaient moins...
Maladifs? que le reste de son anatomie. Bon, d'accord, ses chevilles
avaient la particularité de se fouler en toute occasion.
Tzabaztha retira ses pieds menus du baquet d'eau glacée, se saisit
d'une serviette de tissu bleu particulièrement fatigué sur une table
proche et entreprit de les sécher avec délicatesse.
Des cris de femme, étranglés, désespérés, fous même, retentirent dans tout le bâtiment.
Reconnaître la voix de contralto d'Andréa n'était pas bien dur, même
dans ces hurlements désordonnés entrecoupés de glapissements plus aigus
et de râles rauques.
Tzabaztha sauta sur ses pieds nus, et le poids de la fatigue qui tomba
soudainement sur ses épaules ne put l'arrêter dans son élan. Elle se
mit à sautiller, orteils à l'air sur le froid plancher, ses jupons et
jupes voletant autour d'elle comme autant de papillons retraités et
arthritiques.
Ces cris... Si elle n'avait su reconnaître la voix de sa belle-mère,
elle aurait juré que quelqu'un égorgeait un cochon dans le grand hall.
Ou plutôt qu'on égorgeait une portée de porcelets munis de porte-voix,
sous les yeux de leur mère elle-même cantatrice d'opéra. Ils
résonnaient dans le manoir, sinistres, sans fin, avatars d'une douleur
inhumaine,
On assassinait l'ex-comtesse.
Des mots qui avait du sens séparément, mais mis ensemble...
Tzabaztha trébucha. Pesta.
Non, effectivement, cela n'avait pas de sens.
Mauvais couloir. Oh, comme ils se ressemblaient tous!
On n'assassinait pas Andréa-Mirabelle de Basbin.
Et pourtant, c'était sa voix, sa chambre.
Ce n'était pas... Protocolaire.
Un train mou et en colère percuta Tzabaztha de plein fouet. Il sentait
très fort l'eau-de-vie bon marché. Ursuline. Elle braillait, pleurait.
Elle aussi avait entendu les cris. Tzabaztha ne l'avait jamais vue dans
cet état. Elle paraissait... Ivre. La jeune fille fut désorientée par
la collision.
"Où..."
Ursuline était partie. Tzabaztha se releva, vacillante et choquée.
C'était un de ces moments au cœur de la nuit, irréel, ou on ne prêtait
plus aucune attention à la petite malade qui jouait avec la science
pour tromper son ennui.
C'était un de ces moments où on pouvait voir Andréa-la-parfaite se
mettre à hurler comme une démente, où on décidait d'assassiner
quelqu'un qui ne pouvait pas mourir parce que ce n'était pas
*convenable* de mourir assassinée, où Ursuline perdait toute résistance
au poison alcoolisé qui était comme son deuxième sang, et où Tzabaztha
pleurait à chaudes larmes d'enfant parce qu'on l'avait renversée sans
lui prêter attention, parce qu'on avait fait d'elle un simple obstacle
sur la voie qu'on voulait emprunter...
Tzabaztha se fustigea, se maudit. On tuait sa mère, et c'était pour
elle-même qu'elle pleurait, alors qu'elle ne se le permettait jamais.
Mais les larmes ne cessèrent pas de couler, et elle reprit sa route en
hoquetant, trottinant, boiteuse, jusqu'à la chambre d'Andréa. Solo des
battements erratiques de son cœur...
Plus de cris.
Plus de cris!
Plus de cette mélodie désespérée, cette chanson d'agonie: les dernières
notes s'étaient jouées alors que démarrait la symphonie des sanglots de
la jeune femme.
Porte fermée.
Porte fermée? Non, pourtant. Mais la main de Tzabaztha était
tremblante, la poignée était immuables, et la porte lourde, si lourde,
les charnières dures, si dures...
Il y avait cette pièce, qu'elle connaissait à peine. Le sanctuaire
d'Andréa. Tout comme sa belle-mère ne se permettait pas d'entrer dans
la chambre de Tzabaztha, cette dernière évitait soigneusement de
troubler l'intimité de l'ex-comtesse. Là, bien sûr, c'était différent,
puisqu'on l'avait assassinée, son précieux protocole était mort avec
elle. mais la jeune femme ne put s'empêcher de reculer, jusqu'à heurter
du dos l'autre côté du couloir. Elle s'était attendue à une pièce
obscure, à un corps tordu, souillé de sang, au milieu de tentures
lacérées.
Les lanternes murales étaient toutes allumées, et projetaient une
flamme qui eut presque pu paraître paisible sur le boudoir. Bureau:
encrier, plume, cire à cacheter, lampe à pétrole, le tout rangé de
manière si parfaite que c'en était exaspérant. Un moustique tournoyait
autour d'une des lanternes, et son bourdonnement assourdissait la jeune
femme, à la respiration toujours entrecoupée de hoquets. Il y avait des
rubans, une robe posée sur un fauteuil garni de velours, des armoires
d'acajou élégant, pleines de monstres, des tiroirs soigneusement fermés
qui ne contenaient, elle en était sûre, que poisons et dagues. Une
étagère pleine de livres aux couvertures de cuir fines et colorées, qui
à la lumière des lanternes malicieuses prenaient l'apparence de
manuscrits interdits.
Un décor de théâtre. La farce muée en drame. Oh, comme le procédé était
désagréable! Comme il était cruel de se rendre compte qu'on ne
connaissait pas son texte, que le metteur en scène était mort et que
les acteurs s'entre-déchiraient!
Déjà l'acte II! Déjà! Scène I...
Elle savait que c'était exactement ce à quoi devait ressembler le
boudoir de sa mère. Impeccable jusqu'au dernier recoin. Rien n'avait
été touché, et pourtant, il y avait une impression de faux, de
déplacement.
Peut-être à cause du corps d'Andréa si délicatement bordé, qui, l'écume
aux lèvres, les yeux grands ouverts et hagards, n'avaient même pas eu
la force de se tirer de ses draps.
Peut-être à cause de celui, évanoui, d'Hugues, ses yeux gris
pareillement ouverts, qui fixait le plafond avec une terreur que
l'inconscience ne parvenait pas à effacer.
Peut-être à cause du hoquet choqué qui s'échappa d'entre les lèvres
d'Andréa, et de la bulle de salive grisâtre qui éclata à la commissure
de celles-ci.
Oh oui. Peut-être bien.

