16 juin 2009
Monstre de spaghetti volant
Le hanari que j'avais fait pour mon sac était un peu gros, alors voilà le monstre de spaghetti volant.
Ramen.
Tzabaztha chapitre 3: Thé, suie et allergies
Chapitre 1: Fiançailles mon @#%! amour
Chapitre 2: Pour vos beaux yeux
Chapitre 3: Thé, suie et allergies
Chapitre 4: Vingt heure passé
Chapitre 5: Un long dîner de fiançailles
Chapitre 6: Concerto pour une agonisante
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Chapitre 3: Thé, suie et allergies
[...]Je
ne comprends pas vraiment les ambitions de mes parents. Je t'ai parlé
de leur projet de me lier à la noblesse, non? Et bien ça c'est fait,
encore plus rapidement que ce que je redoutais. On m'a fiancé à une
femme que je n'ai jamais vue, une certaine De Baspin. Et, comme de
juste, je n'ai pas eu mon mot à dire. On m'a dit qu'elle était plus
vieille que moi. Pas de beaucoup, mais suffisamment pour que nos
centres d'intérêt divergent. Oh, à quoi bon? Notre commerce est
prospère! Est-ce-qu'un "de" dans notre blason va changer grand-chose à
la manière avec laquelle le peuple nous considère? Nous sommes des
étrangers, c'est marqué sur notre chair, dans notre visage, notre peau
grise, et à Zeppelin plus qu'ailleurs on rira des efforts de mes
parents pour m'"intégrer". Ils m'étouffent, et heureusement que je t'ai
comme confident et dernier lien avec la terre de mes ancêtres. Je fais
le serment qu'un jour, je me libèrerai de ces entraves!
Malheureusement, telles que les choses sont parties, ce ne sera qu'à la
mort de mes parents, et je risque alors d'avoir une femme à nourrir.
Mais un jour, dussè-je la traîner dans nos souterrains, je te promets
que je verrai Trogle. [...]Affectueusement,
Ton Hugues (déprimé).
PS: Je joins à cette enveloppe de l'argent. Je t'en supplie, Azzq,
trouve-moi une jolie peinture de nos terres enfouies et envoie-la moi.
J'ai le mal d'un pays que je n'ai jamais vu...
Hugues Callist (lettre à un ami)
Andréa soupira avec délice en reposant sa tasse de thé sur le guéridon.
C'était une jolie tasse, la dernière de son service malheureusement, et
elle était ébréché. Les crises d'éternuements impromptues de Tzabaztha
coûtaient cher en vaisselle, sans compter la maladresse enthousiaste de
Mercure. A côté d'elle, Ursuline s'agitait et rangeait le salon avec
célérité et habitude. Le protocole voulait qu'elle évitât de le faire
en présence de la dame du château, mais Ursuline était aussi
imperméable au protocole qu'à l'eau. Elle carburait à l'eau-de-vie, et
pourtant on ne la voyait jamais ivre ou migraineuse. Tzabaztha avait un
jour déclaré avec amertume que la gouvernante aurait constitué un
magnifique sujet d'étude sur l'adaptabilité de l'organisme.
Pour l'heure, elle mettait de l'ordre dans une bibliothèque qu'on avait
dérangée, avec autant d'assurance que si elle était chez elle. Ce qui
était en partie le cas, pensa Andréa. Ursuline connaissait tout le
manoir, et y était depuis plus longtemps qu'Andréa.
Elle ne vivait pas ici, elle nettoyait, elle farfouillait, elle
connaissait les secrets et les recoins de l'imposant bâtiment.
L'ex-comtesse savait qu'Ursuline regrettait la lente décrépitude du
château. Ce n'était pas toujours perceptible: les pelouses étaient
entretenues, le sol briqué, les meubles cirés, mais le manoir devenait
peu à peu un havre d'ennui beaucoup trop grand pour ses résidents.
Elle songea même qu'on pourrait déplacer le quartier des serviteurs à
l'intérieur du bâtiment. Ils avaient tellement de pièces! A quoi bon
trois salles de bain pour trois résidents? A quoi bon une dizaine de
chambres? Mais Andréa était traditionaliste. Elle avait l'impression
que détruire ce qui restait de protocoles mettrait fin au sens de son
existence. Elle avait conscience de la stupidité de toute cela, mais
persistait. Tant qu'elle resterait en vie...
Elle entendit un toussotement étouffé et sursauta, en parfaite synchronisation avec Ursuline. Le toussotement reprit.
"Heu... Bonjour?"
Andréa soupira. La voix étouffé provenait du tube acoustique relié à la
porte d'entrée. Elle ne s'y était pas habituée. Mais Tza avait
longuement insisté sur la commodité de l'objet, soutenue par son frère
enthousiaste.
L'ex-comtesse s'approcha du tuyau d'où s'échappait la voix étouffée.
"Bonjour."
Silence.
"-Nous n'attendions pas de visiteur. Déclinez votre identité, mon ami.
-Callist, Hugues. Votre fille a...
-Ah. "
Andréa prit un ton plus joyeux. Cela allait peut-être la distraire.
Elle n'avait pas beaucoup vu son gendre. Les fiançailles s'étaient
organisées entre elle et les parents Callist, des gens très biens.
Le moment était venu de mettre l'heureux élu à l'épreuve. C'était
sûrement une idée de Tza. Il fallait intervenir avant elle, sinon elle
allait le soumettre à un interrogatoire en règle sur ses connaissances
en mécanique, en biologie ou elle ne savait trop quoi, et lui faire
peur.
"-Bienvenue, monsieur Callist! Ma fille ne m'avait pas avertie, la
sotte, j'imagine que vous êtes là sur son injonction. Je descends vous
ouvrir. Ursuline! Remettez une bouilloire à chauffer, je vous prie."
Ladite Ursuline grimaça. Elle ne comprenait pas comment la comtesse
pouvait se gorger de thé à longueur de journée. La gouvernante sortit
une petite bouteille d'eau-de-vie de mûre de son tablier, en but une
gorgée et descendit en direction des cuisines.
"-Comment vous portez-vous, monsieur Callist?"
Elle ne voulait vraiment pas savoir. Il avait une tête d'enterrement.
Il sentait la fumée des bas-quartiers, c'était inévitable au vu du
trajet qu'il avait dû emprunter, mais il n'y avait pas que cela. Les
petites tresses de sa coiffure étaient éparpillées sur son crâne, sa
peau était plus verte que grise et il avait l'air nauséeux.
"-Je suis légèrement fatigué.
-Asseyez-vous. Le trajet a dû être long!
-Plutôt."
Il avait un ton morose qui ne plaisait pas à Andréa. Assez d'une
Tzabaztha cynique dans la maison! La femme ne comprenait pas. Elle
l'avait déjà vu chez les Callist, et il paraissait alors heureux comme
un pinson.
Aur fasse qu'il ne fut pas de santé fragile! Ses parents n'avaient rien
dit à ce propos... Elle leur en voulut un moment. Et si celui-là et sa
belle-fille donnaient naissance à une créature encore plus souffreteuse
que Tza?
Andréa soutint Hugues, qui ne parut même pas s'en apercevoir, pour
l'asseoir sur un divan. Il parut reprendre soudainement ses esprits.
"-Excusez-moi. La traversée des bas-quartier est toujours éprouvante."
Elle se mit à le regarder de manière à la fois soupçonneuse et compatissante.
"-J'ose espérer que vous n'avez pas fait malencontre! Vous avez l'air de revenir de Ville-aux-morts!
-Non, ma Dame. Il y a que les gens là-bas sont particulièrement miséreux, et que cela m'affecte.
-Vous êtes un brave homme. Mais nous ne pouvons rien faire pour ces mendiants."
La morgue dans son ton fit se hérisser Hugues, encore sous le coup de
sa rencontre avec la vieille femme. Il évitait soigneusement de
regarder De Baspin dans les yeux.
Un silence s'installa, qui devint particulièrement gêné lorsque la voix
d'Ursuline chantant une chanson aux paroles douteuses, dans la cuisine,
se fit entendre. Fort heureusement, Tzabaztha choisit ce moment pour
entrer en scène, descendant les escaliers d'un pas boiteux. Elle
s'était foulée une cheville en prenant son bain.
Elle portait une robe pêche, sans corset parce qu'il n'y avait rien à
affiner et rien à mettre en valeur, et un ruban dans ses cheveux
châtains désordonnés. Portée par une autre, la robe aurait pu être
pleine d'un charme simple mais élégant. Mais elle s'empêtrait dans ses
jupes, dont l'ourlet aurait bien eu besoin d'être refait. C'était un
spectacle à la fois touchant et pitoyable que de la voir descendre les
escaliers ainsi. Visiblement, elle avait essayé de se faire belle. Elle
portait des lunettes qui lui dévoraient moins le visage que sa paire
habituelle.
Andréa fut prise d'un élan de gêne et de pitié pour sa fille. Mais
Hugues ne pouvait pas se permettre d'être trop exigeant. Tzabaztha
s'était habillée à la va-vite, elle avait dû oublier qu'il viendrait.
Et lui-même était dans un état douteux, avachi sur le divan.
Les regards des deux fiancés se croisèrent. La première chose qui vint
à l'esprit d'Hugues, c'était que cette créature famélique qu'on lui
présentait ne devait pas avoir plus de quatorze ans, et qu'elle avait
des yeux d'une taille abominable. Puis il rectifia sa pensée. Son petit
corps paraissait trop jeune pour son visage d'adulte, mais on l'avait
averti que c'était là la faute de la maladie mystérieuse qui la
consumait. Et son hypermétropie l'obligeait à porter des lunettes.
Tzabaztha se livra à une analyse plus poussée de son fiancé. Il avait
l'air épuisé. Elle savait vaguement que le trajet de sa boutique au
manoir n'était pas de toute repos, mais il aurait pu faire un effort!
Son visage, de coloration déjà terne par nature, était taché de suie.
Il avait de jolis yeux gris. Pour un orfèvre, il était étonnamment
dépourvu de bijoux. Elle ne voyait qu'un anneau scintillant à son
oreille. Bien. Au moins, il avait voulu éviter de trop lui rappeler les
raisons de leurs fiançailles. C'était suffisamment touchant et subtil
de sa part pour pouvoir être noté. Elle remarqua qu'il essayait de se
détourner du regard curieux qu'elle lui adressait. Ses yeux gris et
allongés flanchèrent devant son immense regard myosotis. Elle le vit
perdre volonté, et s'affaler encore un peu plus sur l'épaule d'Andréa,
chose que celle-ci évita avec tact de reprocher à son hôte.
"-Bonjour. Hugues, j'imagine?"
Il sursauta en entendant la voix rauque de Tzabaztha. Il s'était
attendu à une voix flûtée de gamine, ou peut-être à un chuchotement
discret, pas à ce grincement enroué.
"-Oui. Docteur De Baspin, je présume?"
C'était gentil de sa part de l'appeler ainsi, mais pas tout à fait
exact. Docteur, elle aurait pu l'être, et ce dans plusieurs domaines,
si elle n'avait eu cette incapacité chronique à rédiger des textes un
peu sérieux. Sans compter que les écoles dignes de ce nom étaient loin,
qu'elle ne supportait pas les voyages et qu'elles acceptaient rarement
les femmes.
"-Vous présumez un peu trop, mais je suis bien Tzabaztha, et apparemment nous sommes fiancés.
-Enchanté, mademoiselle."
Il bâilla de manière ostentatoire, faisant prendre à Andréa un air
totalement choqué. Tza acheva sa descente des escaliers, et fit un
geste de main agacé à l'adresse de sa mère trop protocolaire. Le jeune
homme était visiblement épuisé. Il rougit soudainement sous son masque
de suie, s'apercevant de l'inconvenance de sa conduite.
Elle s'avança jusqu'au divan avec un air digne, tenta de relever Hugues
pour le remettre dans une position plus correcte, puis s'agenouilla,
sortit un mouchoir propre du sac qui pendait sur son flanc, le trempa
dans la bouilloire que venait d'amener Ursuline, et entreprit de
nettoyer le visage du jeune homme avec une application teintée
d'agacement. On aurait dit une grande sœur débarbouillant son petit
frère qui avait abusé de la confiture, et ce fut trop pour Andréa qui
dut détourner le regard. Tzabaztha exagérait. Le visage d'Hugues
redevint rapidement rouge écrevisse, autant à cause de la température
de l'eau que de la familiarité de la jeune femme. Leurs deux visages
étaient proches, mais il ne lisait nul romantisme dans les yeux rougis
de la scientifique, seulement un énervement contenu. Quand à lui, il se
sentait particulièrement misérable. Il aurait dû attendre le retour de
ses parents, et une visite plus officielle. Qu'est-ce-qui l'avait pris?
Andréa évitait soigneusement de les regarder, servant le thé avec plus
de lenteur qu'il n'en fallait. Tzabaztha fourra son mouchoir sale dans
son sac avec un petit claquement de langue satisfait, se releva,
choisit un fauteuil et s'y installa.
"-Tzabaztha, où est votre frère?
-Parti il y a quelques heures faire un brin d'équitation pour profiter du soleil. "
Il y eut ensuite un dialogue de regards entre la mère et la fille,
qu'Hugues suivit et crut entendre aussi clairement que si elles avaient
parlé en hurlant. Il était parti avec son ami des écuries, encore. Ni
Tza ni Hugues n'étaient présentables, mais ce serait encore pire si
Mercure revenait maintenant, couvert de bleus, de crottin, d'herbe et
soutenu par un Samian hilare. Cela se passait toujours comme ça. Andréa
fronça les sourcils comme pour reprocher à sa fille de ne pas s'être
suffisamment préparée à la venue d'Hugues, ce à quoi Tzabaztha répondit
(double battement de paupières) qu'elle ne l'attendait pas si tôt, et
qu'elle était profondément navrée si elle ne pouvait pas avoir
l'élégance permanente de sa mère.
"-Bien, alors j'espère qu'il nous rejoindra à temps pour que nous puissions vous le présenter, Hugues."
Andréa n'espérait rien du tout, pas la peine de posséder la sensibilité
d'Hugues pour s'en apercevoir. Son crâne le vrillait de nouveau.
"-C'est un garçon tout à fait charmant et à peu près de votre âge. Il
est important que vous vous entendiez bien avec notre famille."
Si Mercure avait eu la mauvaise idée de passer, l'entrevue aurait
réellement tourné au cauchemar. Fort heureusement, il ne montra pas le
bout de son nez. Le thé fut servi et savouré, des biscuits à la
cannelle apportés. Hugues, revigoré par cette collation imprévue,
redevint rapidement un jeune homme élégant et amical, ses pensées
encore un peu tourmentées par ses brusques accès de sensibilité
empathique.
"-Je suis heureuse que vous et Tzabaztha vous compreniez, vraiment! Ma
fille peut être un peu indélicate, parfois. Mais c'est une dame, et
elle connaît ses manières! Nous sommes entre nous..."
Tza soutint le regard sombre de sa belle-mère. Non elle ne connaissait
pas ses manières, parce qu'elle avait eu un professeur pédant et des
bouquins de géologie terriblement plus attirants. Mais de toute
manière, ce n'était pas comme si Hugues comptait organiser des dîners
mondains au manoir, non? Pauvre homme. Sa vie allait être terriblement
ennuyeuse. La jeune femme espérait vraiment que l'orfèvrerie le
passionnait, parce qu'il n'aurait pas grand-chose d'autre à faire.
Elle se sentait très lasse. Leurs parents avaient décidé qu'ils
allaient passer leur vie ensemble, sans se voir, sans se parler, sans
se toucher, parce qu'ils vivaient dans des mondes plus éloignés que
Dérive l'était d'Equinoxe. S'en étaient-ils seulement rendu compte? Ce
n'était qu'un mariage d'intérêt, une mascarade assumée beaucoup trop
facile à déceler. Tzabaztha n'était pas une femme à vouloir se marier.
Ni même à vouloir se lier. Elle n'avait pas d'amis, et la seule
compagnie qu'elle appréciait était celle d'une belette endormie les
trois quart du temps.
C'était de notoriété publique qu'elle ne prêtait de l'attention aux
êtres humains que quand il s'agissait de dissections. Ou de traités de
philosophie. Elle en avait lus beaucoup, pensant peut-être que cela
compenserait.
Elle plaignait Hugues. Il avait l'air d'aimer la chaleur, au contraire.
Hé bien, s'ils se mariaient vraiment, elle ne lui interdirait pas les
amantes, s'il savait se montrer discret. Elle n'était pas cruelle.
Elle n'était qu'une jeune vieille folle solitaire, après tout.
Son regard explora la pièce alors que sa mère continuait à débiter avec
expertise des banalités auxquelles Hugues se contentait de répondre par
des phrases courtes. Elle ne comprenait pas pourquoi elle était obligée
de rester. Visiblement, Andréa s'était mise en tête de faire la cour
pour elle, parce qu'elle n'était pas assez dégourdie. Elle aurait très
bien pu remonter et continuer ses travaux. Elle ne voyait pas ce qui
l'en empêchait, à part le protocole qui voulait qu'une fiancée
n'abandonne pas son fiancé avec sa belle-mère. Oui. Peut-être.
Tzabaztha se mit à rougir, et cela n'avait rien à voir avec une quelconque gêne. A la première toux rauque, les deux bavardeurs s'interrompirent et la regardèrent. La jeune femme se grattait comme une possédée, les joues couvertes de plaques rouges Quand ses chairs commencèrent à gonfler de façon tellement effarante qu'Hugues craignit de voir ses yeux énormes sortir de ses orbites, Andréa, très digne, appela un valet pour s'occuper d'elle. Ursuline apparut, et l'ex-comtesse la fustigea pour sa bêtise. De la cannelle dans les biscuits! Avec les allergies de Tzabaztha! Tenait-elle absolument à faire s'éteindre la famille des De Baspin? Pour Andréa, un air penaud. A Tzabaztha, qu'elle portait à l'étage, Ursuline eut un sourire entendu. La jeune femme lui répondit avec un "blblblbptheutheeeeu" complice.